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lundi 19 février 2018

Chronique 2017 : Le cercle chez les Amérindiens

Avant propos de la chronique : 
Ecrite en mars 2017, cette chronique parle de l'importance du cycle dans les cultures Amérindiennes. S'il est vrai que les croyances varient entre tribus, toutes ont le même regard sur le cercle qui symbolise la vie, la nature et le temps. Tandis que j'avance dans l'écriture d'un roman sur la confiscation des terres libres indiennes dans l'Amérique de la fin du 19e siècle, je me devais de parler de cette croyance et surtout de tenter de la comprendre... Et même de comprendre ma place dans ce cercle. 




"Vous avez remarqué que toutes choses faites par un indien est dans un cercle. Nos tipis étaient ronds comme des nids d’oiseaux et toujours disposés en cercle. Il en est ainsi parce que le pouvoir de l’Univers agit selon des cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans l’ancien temps, lorsque nous étions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, tant qu’il ne fut pas brisé.
Tout ce que fait le pouvoir de l’Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu’ils ont la même religion que nous. Le soleil s’élève et redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont ronds.
Même les saisons forment un grand cercle dans leurs changements et reviennent toujours là où elles étaient. La vie de l’homme est dans un cercle de l’enfance jusqu’à l’enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où l’énergie se meut."
Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)

Mon travail d’écriture sur les Amérindiens se devait de me conduire à cette image du cercle. Le cercle est le fondement même de la spiritualité des tribus Amérindiennes. Il est d’ailleurs assez énigmatique d’observer que dans bien d’autres cultures ancestrales à travers le monde, cette importance presque divine du cercle est aussi présente : Chez les aztèques, les mayas, les celtes, les gaulois et une large partie des tribus africaines. 

De nombreux peuples dont la plupart ne se sont jamais rencontrés, ont trouvé dans le cercle, une spiritualité commune. De mon côté, je fais partie d’une génération, d’une époque qui a oublié le cercle. La société dans laquelle j’évolue a détruit cette notion… Elle l’a rejeté, renié, pour placer l’Homme dans un monde stricte, droit, sans courbes et sans arrondis.

Avant de pouvoir commencer l’écriture de mon roman sur les Amérindiens, il m’a fallu retourner dans le cercle. Celui auquel j’appartiens. J’ai longtemps médité sur ma place dans le monde, sur le chemin déjà parcouru et la route qu’il reste à entreprendre. J’ai repensé à mes défis passés, aux cycles qui ont bouleversés ma vie et j’ai imaginé ceux que pourrait-être les prochains…

Peu à peu j’ai découvert que malgré la rudesse du monde dans lequel j’évolue, l’essence même de notre Terre n’a pas vraiment changé… Le cercle est toujours là et c’est toujours lui qui mène la danse. Tout en lisant et me documentant sur les tribus et sur leur fascination pour le cercle, j’ai appris à voir la vie, ma vie et le futur autrement. Je n’ai pas seulement trouvé l’inspiration pour un livre, j’ai surtout découvert une nouvelle façon d’appréhender mes choix et mes décisions.

Depuis ce jour, il m’arrive très souvent de fermer les yeux, de me positionner au centre d’un cercle que j’imagine et de laisser mon esprit s’envoler… pour voir au delà du réel, au delà du concret et du palpable, pour puiser en moi les vrais réponses. 

Je pense que l’on est plus fort et plus humble lorsque l’on comprend le cercle et son pouvoir. Les Amérindiens savaient se positionner avec justesse dans le cercle de la vie. Ils savaient y prendre part, observer la nature et suivre sa boucle étonnante. 


J’ignore si je comprends le cercle. Il serait assez prétentieux de penser que je le maitrise… En tout cas je sais aujourd’hui la place que j’occupe dans ce cercle et j’espère rendre hommage à cette belle croyance des peuples Amérindiens.   

lundi 23 janvier 2017

Chronique 2016 : Ecrire sur les Indiens

Avant propos de la chronique : 
Dans ce texte, griffonné dans mon carnet de note à l'automne 2016, je parle du point de départ de mon travail d'écriture sur un nouveau roman. J'évoque la difficulté de s'approprier l'Histoire sans la dénaturer et sans la laisser trop s'installer également. Je me confie sur ce personnage principal que j'invoque et que je laisse venir à moi... 


J’ai brassé de nombreux thèmes dans mes écrits : Les légendes celtes, les récits fantastiques, les chroniques personnelles et un journal intime assez léger mais depuis longtemps je rêvais d’écrire sur les Amérindiens. Leur Histoire, leur destinée tragique et incompréhensible ont toujours nourrit en moi une curiosité. 

Depuis tout petit je me passionne pour la vie des Indiens d’Amérique. Je les ai d’abord découvert par la télévision et le cinéma. Tantôt dépeint comme des barbares tantôt comme des braves, je n’ai réellement compris leur intériorité qu’en lisant en 2008 : Enterre mon coeur à Wounded Knee de Dee Brown. Une fresque historique assez large qui balaye une palette de tribus indiennes marchant vers le même destin funeste. 

Dès ce jour, j’ai voulu écrire sur ces hommes, ces femmes et ces enfants à qui l’on a volé leur terres, leurs croyances, leurs langues. Des gens que l’on a séparés, torturés, confinés dans des réserves tristes et insalubres. Mais pour me lancer dans ce nouveau récit, il me fallait des épaules solides, une histoire convaincante et juste. 

J’ai griffonné pas mal de piste sur ce possible roman d’Amérindiens entre 2008 et 2016 en parallèle d’autres projets… Mais rien de ce que j’imaginais ne me semblait assez pertinent pour me lancer dans cette aventure. Je recherchais un personnage fort. Un personnage avec lequel j’aurai envie d’emmener le lecteur aux confins des émotions sans pour autant trop me reposer sur le drame historique. Je voulais que mon personnage reste un grain de sable sur la fresque historique mais qu’il soit justement plus puissant qu’elle le temps du récit. Le dosage était complexe.

Je n’avais pas totalement fermé la porte à l’éventualité de ce futur roman mais n’ayant aucune piste assez solide, j’étais passé à tout autre chose. Jusqu’à ce jour où j’ai assisté impuissant devant mon téléviseur à la monté du « populisme » un peu partout en occident. Entre les discours nauséabond, les stigmatisations incessantes et le retour d’un racisme ordinaire qui semblait vaincu, je me suis rendu compte que l’Homme n’apprenait rien de l’histoire et qu’il éprouvait presque une certaine jouissance à la répéter pour s’éviter la lourde tâche de dessiner les contours d’un autre monde…   

Parallèlement à ces images douloureuses que je recevais en pleine figure chaque jour, j’ai découvert une série de reportages (Terres indiennes) qui ont très certainement étaient le moteur nécessaire à l’envolée de ce nouveau projet littéraire. Grace à ces deux éléments assez différents mais portant pleins de similitudes, j’ai trouvé le message, la route et la moralité que je voulais donner à mon histoire indienne. 

C’est déjà un grand pas de savoir la route que l’on va emprunter  lorsqu’on est écrivain. Mais l’on sait à ce moment là que le chemin est long pour rencontrer ses personnages. Pour ma part, je les laisse toujours venir à moi par le biais de la méditation. Je sais qu’ils sont en moi quelque part… J’instaure alors un silence, une ambiance pour les laisser s’émanciper de mon esprit et devenir des êtres à part entière. 

Ce soir là dans l’espoir de rencontrer l’Indien qui serait le héros de mon histoire, j’ai sacrifié une nuit de sommeil. Je me suis assis en tailleur sur le parquet froid de mon appartement. J’ai oublié mes murs et les bruits de la ville. Je me suis imaginé des plaines étendues et un feu crépitant sous mes mains inspirées. Je me suis imaginé une lune ronde et des étoiles en pagaille. Je l’ai attendu, en silence, cet indien qui impulserait mon histoire. 

Je l’ai attendu et il a finit par venir… Il s’est assis en face de moi, digne et fier. Il ne m’a pas adressé la parole, il s’est contenté de me fixer. Il m’a laissé entrevoir ses fêlures, ses chagrins, ses souvenirs, ses rires, ses combats… Il s’est assis en face de moi, digne et fier, il m’a laissé inventer son histoire, inventer ses voyages et ses promesses. 

Alors que mes yeux tombaient de fatigue et que le feu semblait mourrir à nos pieds, il s’est levé, à repris sa route, disparaissant peu à peu dans l’herbe haute de la plaine. Au petit matin je me suis réveillé sur mon lit, agressé par les bruits de la ville et l’oppression de mon petit appartement. Je me suis réveillé différent… Je venais de rencontrer mon nouveau héros… Je venais de poser les bases inébranlables d’une nouvelle histoire… d’indiens.      

    

jeudi 29 décembre 2016

Une année 2016 ponctuée de Chroniques...


L'année s'achève... Et nous avons partagé tant de mots cette année tous ensemble ! Vous êtes toujours plus nombreux à venir découvrir mes chroniques et cela me fait grandement plaisir.
Pour terminer ce long voyage de l'année 2016, quoi de mieux que de se remémorer quelques unes des chroniques qui ont rythmés le blog.

C'est en octobre 2015, que je prends l'initiative de faire revivre ce blog "All the Little Things" ouvert en 2010 et en sommeil depuis 2012. Rebaptisé "Les Chroniques d'un auteur perdu", je m'y confie à nouveau en prenant soin de traiter de sujets larges et variés. Si l'année 2015 voit le blog renaitre, c'est sur celle de 2016 que les chroniques vont faire leur grand retour.

"Je n'ai jamais..." est la première chronique de l'année 2016. Une chronique importante qui pose les bases de mon envie et de mon besoin d'écrire à nouveau... J'y rends hommage à un ami trop vite parti en août 2014, qui a laissé dans mon coeur une cicatrice indélébile et une soif d'écrire désormais indestructible.

"Je suis à Turnpike Lane" va réellement faire revivre le blog puisqu'elle se hisse en quelques semaines dans le classement des chroniques les plus lus du blog. Elle fut en réalité écrite en 2014, sur un petit calepin de notes... Je venais de découvrir les tromperies de mon petit ami de l'époque... le coeur lourd et remplis de doute, je m'étais enfui à Londres pour retrouver une amie, dans le district de Turnpike Lane où j'espérais bien me reconstruire.

"Le carton de livres" me conforte dans l'idée que le blog reprend vie. Cette chronique très plébiscité, parle de cette relation ambiguë que j'ai entretenue avec mon grand-père. Un amour, un partage et une admiration discrète, tout en silence et en sous entendu. Nos différences s'effaçaient pourtant devant l'amour des livres... Et avoir aujourd'hui les nombreux livres de mon grand-père à mes côtés, reste le plus beaux cadeau que l'on pouvait me faire.

"Partir" est une chronique assez particulière, je la publie sur le blog à la fin du mois de mai. Il s'agit en réalité d'une chronique écrite un an plus tôt. Mais elle reprend étrangement tout son sens, à cet instant de l'année où je suis emplie de doutes et d'incertitudes sur mon avenir et ma place à Paris. J'y fais part de ce besoin d'ailleurs et de pouvoir me réinventer. Est-il bien temps de partir ? C'est en tout cas aujourd'hui l'une des chroniques le plus lus du blog !

"Je veux croire en l'Europe" est la première chronique un peu engagée que je partage sur le blog... Un vrai changement comparé aux précédentes où je me contente très souvent de parler de mon passé et de mes émotions. Cette chronique voit le jour en plein débat sur le Brexit, qui amène en toile de fond une fragilité à l'Europe. J'y hurle ma colère et mon incompréhension face à cette Europe qui n'a pas su écouter les siens et qui s'est enfermé dans les privilèges et la croissance sans fin au point de laisser naître des doutes sur la belle promesse qu'elle incarnait jadis.  

"un sursaut d'urgence" est une chronique assez interrogative sur le monde dans lequel nous vivons. Un monde qui semble se refermer, se replier à l'aube de l'individualisme et du chacun pour soi. Non loin des frontières de l'Europe, des femmes, des enfants, des hommes attendent notre main tendue et espère une aide... Une aide qui peine à venir et qui se noie face aux discours extrêmes de frontières et de replis... Ne sommes nous pas assez "Homme" pour se comprendre et s'entre aider ?

"La Danse d'Ahmad" est très certainement la chronique qui a fait ma fierté cette année. Elle s'est partagée au delà de mes espoirs. Tout a commencé devant un court reportage sur ce danseur syrien Ahmad Joudeh qui risquait sa vie au quotidien entre les menaces de Daesh et les frappes aériennes. Il continuait malgré tout d'offrir son art dans la tourmente. Fabuleuse histoire qu'est la sienne, il est aujourd'hui en sécurité aux Pays Bas à l'école nationale de ballet. Cette chronique improbable m'aura permis de rentrer en contact avec les personnes qui ont aidé son départ et avec Ahmad lui même. Je parlerais d'ailleurs de ces moments de partages dans une seconde chronique "L'espoir d'Ahmad" 

"Tecumseh" est pour moi une nouvelle façon d'aborder une chronique... Pour la première fois, je fais entrer le lecteur dans le travail préparatoire d'un futur roman, en l'emmenant avec moi dans mes recherches et mes lectures. Ce nouveau projet de livre qui m'amène donc sur les traces des Amérindiens, met en lumière une personnalité trop peu connu et pourtant si importante dans l'histoire des indiens d'Amérique : Tecumseh. Je lui rend hommage dans cette chronique, lui qui m'a fasciné et interrogé sur son voyage et sur l'espoir qu'il aurait pu représenter pour la nation indiennes.

Merci à tous pour ces moments partagés... Nous sommes prêt à aborder 2017 avec autant que fougue, de joie, d'amour, de partage, de doute et de colère parfois. L'écriture est là pour capter nos émotions, pour les transmettre et les graver à jamais dans le temps. Ces chroniques resteront toujours dans mon coeur et je me languis déjà de celles à venir. Bonne fête à tous, prenez soin de vous...

Julien Gaüzère 

dimanche 27 novembre 2016

Chronique 2016 : Tecumseh

Avant propos de la chronique : 
Depuis plusieurs mois maintenant, je prépare un nouveau roman basé sur la douloureuse histoire des Amérindiens. Avant de démarrer l'écriture et de laisser s'envoler l'inspiration, il m'a fallu explorer, comprendre et décortiquer les destins tumultueux et les pressions qu'ont subit (et que subissent encore) les indiens d'Amérique. Si de nombreux amérindiens sont devenues de véritables icônes grâce au cinéma et aux divertissements populaires (comme Sitting Bull, Geronimo ou encore Pocahontas) certain ont été effacé, oublié par l'Histoire alors qu'ils représentaient une véritable promesse pour les tribus indiennes... Un peu comme cet indien que l'on nommait Tecumseh. 


« Quand les légendes meurent, les rêves se terminent. Il n’y a plus de grandeur » Tecumseh 

C’est assez affligeant le talent que les Hommes possèdent pour réécrire l’Histoire… Leur capacité malsaine à étouffer les personnages « gênants » et à encenser les plus insipides… 
Depuis des mois maintenant, je m’efforce de récolter, de m’abreuver et de m’approprier les témoignages d’Amérindiens de toutes cultures, de tout horizons et toutes croyances. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, les indiens d’Amérique possèdent bien des différences contrairement à ce que l’Histoire veut nous faire croire… La seule véritable ressemblance de ces peuples et d’avoir un jour croiser l’égoïsme des « hommes blancs ». 

Je sais que je me lance un véritable défis en voulant écrire sur ce thème si délicat et complexe. Avant de m’aventurer sur le papier, il m’a fallut comprendre, connaitre et m’éloigner des clichés trop insistant que nous avons sur les Amérindiens. Je me doutais que le voyage et les recherches que j’entreprendrais ne seraient pas serein. Loin de l’image policée de l’indien proche de la nature, j’ai découvert des nations entières privées de leurs cultures, de leurs arts, de leurs chants, de leurs terres… Des nations entières déplacées, converties, assassinées puis… Oubliées. Envers et contre tout les Amérindiens ont toujours cru que leur main tendue à l’envahisseur permettrait à ces deux Amériques de vivre ensemble… L’Histoire leur donnera tort… Pire même… L’Histoire les effacera. 

Tout en parcourant les ouvrages les plus fidèles sur la conditions des Amérindiens, au file de l’Histoire, j’ai rencontré un Héros… Un homme qui aurait dû rester graver dans le marbre mais que l’on nous a bien vite fait oublier. Son nom : Tecumseh. 
Il fut l’un des chefs les plus emblématiques du peuple Shawnees mais son véritable titre ne se trouve pas dans cette assise… Tecumseh est SURTOUT le ''fondateur'' de la « nation indienne » Face aux invasions et aux massacres répétés que vivaient les différentes tribus, Tecumseh s’est lancé dans un long et tumultueux voyages à travers les Etats-unis et même jusqu’aux frontières du Mexique pour rassembler et unir les chefs et les tribus indiennes. 

Le défis était de taille pour Tecumseh… Sur sa route il a rencontré des peuples Amérindiens bien différents de lui, ne vénérant pas les mêmes dieux et ne partageant pas toujours les mêmes coutumes et la même langue… Il a pourtant réussi malgré ces barrières à unifier les différentes tribus indiennes. Tecumseh était un visionnaire avant d’être un homme de guerre… Il resta persuadé jusqu’à la fin de sa vie que des Etats-Unis d’Amérique Indiens étaient possible. Il espérait pour cela, reconquérir les terres perdues et créer une nation forte qui auraient enfin eu son poids fasse au colons Anglais, Français et Canadiens.          

« Vis ta vie de façon à ne jamais laisser entrer la peur de la mort dans ton cœur.  N'embête personne sur ses croyances, respecte le point de vue des autres et exige d'eux qu'ils respectent le tien.  Aime ta vie, perfectionne ta vie, embellis toute chose de ta vie.  Cherche à rendre ta vie longue et mets-la au service des autres.

Prépare une chanson noble pour le jour où tu partiras de l'autre coté.  Marque toujours d'un mot ou d'un signe de salut le passage d'un ami ou d'un passant, même un étranger, lorsque que tu te trouves loin de chez toi. Montre du respect envers tous mais ne te prosterne devant personne. 

Quand tu te lèves le matin, rend grâce pour la nourriture et pour la joie de vivre.  Si tu ne vois aucune raison de rendre grâce, c’est que la faute est en toi. N'abuse de rien ni personne.  L'abus rends fou celui qui est sage, lui vole son esprit et ses visions.

Quand ton temps de mourir sera venu, ne soit pas comme ceux qui ont la peur de la mort. Comme ceux qui pleurent et prient pour avoir un peu plus de temps à vivre et pouvoir faire les choses différemment. Chante ton hymne et meurt comme un héros rentrant chez lui »

Ce poème est prêté à Tecumseh. Nul ne peut hélas attester de son authenticité mais il se partage pourtant depuis des générations. Il n’est pas improbable que Tecumseh est réellement tenu ces propos car beaucoup de chefs Amérindiens et de généraux Américains ont fait, au cours de leurs vies, l’éloge de l’éloquence et du charisme de Tecumseh.

Tecumseh était un grand orateur et cela ne fait aucun doute. Il a plusieurs fois rencontré l’armée Américaine au nom du « peuple indien » afin de récupérer des terres et certains soldats ont rapportés ses dires comme cette mise en garde faite au général Harrisson en 1810 : « Puisque tout dépend maintenant de ton grand chef à Washington, j’espère que le grand esprit lui fera entendre raison et qu’il t’ordonnera de renoncer à cette terre. Mais il est loin, il ne risque pas de souffrir de la guerre. Il restera dans sa ville à boire son vin, pendant que toi et moi nous nous battrons » 

Le général Harrisson (futur président des Etats-Unis) c’est farouchement battu contre Tecumseh… On retrouvera pourtant dans ses mémoires un éloge plus qu’énigmatique pour le chef Shawnee. « l’obéissance et le respect dont font preuve les partisans de Tecumseh sont vraiment étonnant. Plus que tout, c’est ce qui montre qu’il compte parmi ces génies qui émergent de temps à autre pour mener une révolution et renverser l’ordre établi. Sans le voisinage des Etats-Unis, peut être deviendrait-il le fondateur d’un empire qui égalerait ceux du Mexique ou du Pérou »  

Tecumseh a failli renverser l’Histoire en remportant de grandes batailles contre les Américains mais son aventure s’acheva en 1812 contre l’armée d’Harisson. Il fut abattu au court de la bataille de la rivière Thames. De nombreuses légendes racontent qu’après l’affrontement, les soldats de l’armée américaine, tellement impressionnés par le courage et la bravoure de Tecumseh, décidèrent d’enterrer l’indien avec les honneurs militaires. Mais la grande Histoire viendra apporter une tâche sombre à cette légende puisque les milices se seraient empresser de défigurer la dépouille de Tecumseh pour qu’il ne soit plus reconnaissable pour les Amérindiens survivant du massacre. 

Tecumseh est un héros oublié par l’Histoire. Son histoire passionnante et tragique a permis aux Indiens de se rassembler même si ses engagements et ses convictions ne trouveront pas de successeur après sa mort. Il fait parti à mon sens de la grande Histoire des Etats-Unis et participe à lui seul d’une grande partie de la mémoire et de la préservations des cultes de la nation indienne. 


Comme j’aurai aimé que ton destin soit tout autre Tecumseh. Que ton message soit entendu et que tes combats ne soient pas vains. Avant de me lancer dans l’écriture de mon roman sur les traces des Amérindiens, je me devais de te rendre hommage, de parler de toi avec sincérité et admiration…. Toi qui est resté trop longtemps hors de l’Histoire… toi qui vient de marquer ton empreinte à jamais dans la mienne.